Contexte

Connaître les sols, leurs propriétés, leurs fonctions et donc leur valeur est indispensable à la mise en place de leur protection. Les acteur·trices de la planification, (architecte, architecte paysagistes, urbaniste, ingénieur·e civil, ingénieur·e en environnement) ont toutes et tous un rôle actif dans la transformation du territoire. L’objectif de cet atelier est donc de discuter la mise en place d’une formation continue sur les sols à destination de ces profils, afin qu’ensemble, ils/elles développent une compréhension commune des sols, un socle solide de connaissances techniques et environnementales.

Déroulement et questions posées :

Dans un premier temps, chaque participant·e s’est prononcé sur les difficultés rencontrées dans sa pratique quotidienne au sujet de la prise en compte des sols.

Pour les 3 étapes SIA de projets investiguées (Définition des objectifs, Études préliminaire, Études de projet), les participant·es ont répondu à la question suivante :

Quelles sont les difficultés que je rencontre ou lacunes que je constate lors de cette phase ?

Dans un second temps et par groupe, des fiches de compétences à acquérir pour chacun des profils ont été élaborées.

Synthèse

De manière générale, la compréhension commune des enjeux de protection des sols entre ingénieur·e et urbaniste est aujourd’hui difficile.

Le cadre légal relatif à la protection des sols est encore mal connu. De plus, celui-ci est davantage réactif que proactif, dispersé et peu opérationnel. Le manque de données scientifiques sur les sols dans les phases en amont du projet pose un problème pour les ingénieur·es environnementaux, pour fixer des réels objectifs de préservation. Un outil concret de prise en compte des sols, comme une check-list serait nécessaire pour les aider à établir des objectifs de protection lors de chaque phase. Une meilleure sensibilisation au sol est aussi souhaitée.

Pour les architectes et les urbanistes, il existe des enjeux de formation technique (qu’est-ce qu’un sol ?  Propriétés ; fonctions ; caractère non renouvelable) et de communication.

Les communes ont déjà souvent de grande quantité de travail, il faut alors savoir synthétiser les enjeux, communiquer efficacement et établir des synergies entre la protection des sols et les autres enjeux qu’elles doivent traiter, tels que la gestion des eaux ou la protection de la biodiversité.

La définition d’objectifs précis et ambitieux est aussi à privilégier aux grands principes génériques. Lors des études projet, les urbanistes/géographes/architectes doivent aussi encourager (et favoriser) les projets innovants, tout en valorisant les innovation et changement de méthodes lorsque la protection des sols le justifie.    Sur la base de ces lacunes identifiées, des compétences clés à acquérir pour chaque acteur·trices ont été définies :

Ingénieur·e civil : estimation des couts de valorisation des sols ; meilleure compréhension et implication du processus de projet ; connaissance des bases légales et des obligations de protection, connaissance technique des éléments du sols.

Géographe/urbaniste : connaissances des fonctions des sols, leur protection et leur gestion dans un processus de projet/chantier ; médiation dans la pesée des intérêts ; capacité d’intégrer dans sa pratique des expertises interdisciplinaires.

Ingénieur·e en environnement : compétences d’application des bases légales et des procédure, médiation et modération entre les acteur·es ; compréhension fine d’un cahier des charges ; compréhension des enjeux pratiques et de chantier.

Architecte : connaissance des bases légales et des obligations de protection, connaissance des facettes du sol (ressource fonctionnelle, ressource légale, ressource temporelle) ; capacité de coordination dans le projet entre les spécialistes, entités, thématiques (eaux, végétation, etc.)